Une croissance durable²

Les grandes innovations des siècles passés ont souvent vu le jour en période de crise. Notre époque est donc favorable, voire « bénite », à la créativité durable (au double sens du terme).

Croissance verte HDComme je l’écrivais fin Novembre, il parait évident que les problèmes liés aux émissions de CO2, à la pollution des champs, des cours d’eau et des nappes phréatiques, aux déchets toujours plus nombreux, à la consommation effrénée d’eau et d’énergie… seront adressés tôt ou tard par les États. Tous les pays sont d’ores et déjà concernés par ces problématiques environnementales et sociétales. Tous sans exception devront un jour prochain les adresser et les prendre à bras le corps. Alors, pourquoi ne pas adresser aujourd’hui les problèmes de demain ?

Je ne suis véritablement pas un économiste, ni même un entrepreneur mais menacer de nationaliser des sites industriels de multinationales à chaque fois que ses syndicats communiquent dans les médias, ne me parait pas le meilleur moyen de créer le climat de confiance nécessaire pour relancer une économie et pour attirer des investisseurs. A l’inverse, s’inspirer des recettes de croissance de certains pays me semblerait plus logique. En effet, pourquoi chercher à réinventer la roue, quand il suffirait d’adapter celle-ci à notre situation et surtout à notre ambition ?

Une fiscalité en adéquation avec les aspirations nationales

Un pays voisin a su attirer les grands acteurs de l’électronique tels que Microsoft, Google, Facebook et bien d’autres. Depuis plusieurs années déjà, et grâce à un régime fiscal particulier, l’Irlande accueille les directions européennes de ces groupes qui emploient aujourd’hui des centaines de milliers de salariés irlandais. La France ne pourrait-elle pas s’en inspirer et créer une fiscalité spécifique pour les secteurs d’avenir liés aux questions environnementales ? Elle offre déjà des avantages à certains grands groupes qu’elle a su attirer sur son sol. Il s’agissait à chaque fois de conditions spécifiques accordées au cas par cas. Alors pourquoi ne pas adresser un secteur d’activité dans son ensemble ? Les nouvelles énergies et ressources énergétiques, le recyclage, l’exploitation des déchets, le traitement des terres cultivables et des nappes phréatiques, les systèmes à économie d’eau ou d’énergie, … sont tous des secteurs d’avenir. Les investissements y sont lourds et les retours sur investissement très longs alors une imposition plus légère et adaptée paraitrait judicieuse. Une autre plus souple, comme le modèle Irlandais, aurait pour but d’attirer les capitaux étrangers et inciter les groupes à y installer leur siège européen. Tous les secteurs de l’environnement restent à créer. Les emplois seront donc nombreux et des charges allégées paraîtraient un moyen de dynamiser d’avantage ces secteurs.

Une convention collective plus souple et dédiée

Prenons en considération à présent l’emploi en France. Le secteur de l’ingénierie semble relativement bien protégé de la crise et les jeunes ingénieurs diplômés trouvent rapidement un emploi. Rapprochons ce fait à celui des pays les plus dynamiques et les moins pénalisés par le chômage aujourd’hui. Parmi ces derniers se trouvent ceux dont le système d’Assedic est le moins protecteur. L’Angleterre fait parti de ces pays et elle a pourtant déjà réussi à inverser sa courbe du chômage. Alors pourquoi ne pas définir une nouvelle convention collective plus souple mais propre au secteur de l’environnement. Celle-ci apporterait une plus grande souplesse aux investisseurs que celle de la métallurgie notamment sur les questions de la période d’essai, des congés,  des indemnités diverses, de la retraite, des préavis, de démission, de santé, etc… A titre d’illustration, un employé pourrait être facilement licencié en cas de besoin mais tout aussi facilement recruté. Une partie de ces aspects pourrait être pris en charge par l’état, du moins sur une durée définie.

Des cursus universitaires de renommée mondiale

Pour soutenir une dynamique d’emploi, les cursus universitaires actuels auront besoin d’être renforcés et de nouveaux particulièrement ambitieux nécessiteraient d’être développés. Les programmes couvriraient du Bac+2 au doctorat et tous les métiers propres à l’environnement seraient couverts. L’expertise et le savoir-faire de la France dans ce domaine seraient alors reconnus à l’international et les entreprises, Françaises comme étrangères, viendraient recruter les étudiants à la sortie de l’école, comme c’est le cas aux Etats Unis dans d’autres domaines.

Un plan de soutien de la demande marché

Pour soutenir la demande du marché, un plan de soutien financier comme celui mis en place pour le solaire photovoltaïque en 2008 paraitrait judicieux. Il prendrait la forme d’une subvention accordée par l’état pour tout investisseur particulier ou professionnel, c’est-à-dire toute personne physique ou morale ayant adoptée ces nouvelles solutions ou programmes verts. Idéalement, ce plan de soutien serait associé à un crédit d’impôt et une TVA de 5,5%.

Un plan de soutien financier aux investisseurs

Enfin, pour soutenir l’investissement lourd nécessaire à l’entrepreneuriat environnemental, une niche fiscale dédiée serait créée. Tout investisseur potentiel français ou étranger pourrait, à titre d’exemple, être exempté de toute imposition sur la plus-value réalisée lors de la revente de ses parts dans l’entreprise verte dans laquelle il avait investi. Celle-ci pourrait d’ailleurs évoluer en fonction de la durée de l’investissement réalisée, de son risque et de la maturité du secteur concernée.

En créant une législation, une fiscalité et des plans de soutien spécifiques aux secteurs liés à l’environnement, la France pourrait innover et adresser aujourd’hui les problèmes de demain. Elle deviendrait moteur de l’économie mondiale et ses entreprises fourniraient leurs solutions au monde.

La crise est la conséquence de décisions politiques. La politique est donc la plus à même de nous en sortir. Une forte volonté politique d’imposer la France comme pays leader sur les questions environnementales devra être témoignée à la nation, à l’Europe et au reste du monde. Elle s’illustrera par tout un ensemble de mesures comme celles proposées dans cet article et toutes celles oubliées. La France toute entière doit être engagée car c’est la seule manière de créer la dynamique positive nécessaire pour mettre fin au chômage endémique de notre pays, pour créer un facteur de croissance économique durable et pour sortir de la crise de façon pérenne.

Faisons donc entendre nos voix au gouvernement afin qu’il engage cette croissance par l’innovation verte !

 

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Article repris sur le site Les Echos

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  • A propose de l’auteur

    Stephane Delaporte
    Créativiste* hyperactif, passionné et connecté, théoricien et auteur du Monde 3.0, évangéliste des nouvelles technologies, protecteur de l'environnement, adepte de l'autosuffisance énergétique et alimentaire, croyant en la génération Y, grand fan de TED, ... mais agnostique dans l'âme.

    * : Personne dont toute l'énergie est tendue vers l'unique but de créer
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