Nouvelle forme d’emploi pour nouvelle ère

Le monde ne vit pas une crise économique, il change. La globalisation, le dynamisme économique des BRICS, la souplesse apportée par les nouvelles technologies de communication et de l’Internet, la génération Y aujourd’hui dans la vie active ont déplacé et multiplié les centres économiques de notre planète, transformé les moteurs de l’économie et engendré un nouveau paradigme économique à l’échelle mondiale.

Dans un tel contexte, relancer l’économie et le marché de l’emploi d’un pays comme la France à partir de pratiques et métriques remontant aux années 70 et 80 est compliqué. Le gouvernement n’est plus seul maitre de la destinée du pays mais doit opérer selon des directives et orientations européennes tout en cherchant à protéger et dynamiser la France et promouvoir sa valeur ajoutée à l’échelle mondiale.

Avec la globalisation, le marché Français est adressé par des entreprises étrangères soumises à des réglementations et taux d’imposition souple tandis que les frais de fonctionnements des entreprises françaises mettent leur compétitivité à rude épreuve et les rendent un peu plus vulnérables chaque jour. D’un autre côté, nos indicateurs de performance économique sont centrés pour l’essentiel sur les chiffres de l’emploi, la courbe du chômage et la capacité des uns à trouver un emploi « régulier » dans des bureaux.

Serions-nous pris entre le marteau et l’enclume ? Ou bien y aurait-il un moyen d’envisager l’emploi autrement ?

Le professeur Rita McGrath croit véritablement que notre conception de l’emploi doit évoluer. Dans son article publié sur le blog de la Harvard Business Review, l’enseignante remet en question l’hypothèse selon laquelle « la normalité » est toujours la plus stable et la plus souhaitable. Elle écrit : « Notre société tient pour acquis l’idée selon laquelle la relation relativement stable au travail est la normalité. Quand allons-nous accepter la nouvelle réalité ?»

La réalité est que le modèle de recrutement traditionnel a considérablement changé et évolué ces dernières années au point que le marché de l’emploi « régulier » pourrait ne jamais redevenir celui qu’il était avant la crise. C’est-à-dire celui que les demandeurs d’emploi espèrent retrouver, et cela a tendance à les inquiéter. La perception d’un futur incertain couplé à un nouveau modèle de travail en perspective créent naturellement une certaine méfiance. Pourtant, ce sentiment n’a aucune raison d’être.

Des possibilités d’emplois illimitées

Travail-30Un nouveau modèle d’emploi a récemment vu le jour : le travail 3.0 ou crowd-labor. C’est-à-dire une combinaison de travail à la demande et de travail distant, au sein d’équipes virtuelles.

Le travail à la demande connait déjà un formidable essor outre-Atlantique. Il a changé la façon dont les entreprises américaines choisissent leurs talents et répartissent leurs effectifs au sein d’équipes virtuelles constituées de salariés et de prestataires extérieurs. Une entreprise fonctionne sur le talent. C’est leur levier le plus important, et ce, quelle que soit leur taille.

Pourtant, il est difficile de trouver les bons talents, et leur recrutement « traditionnel » est coûteux et le processus long. Avec le travail 3.0, l’employeur n’est plus limité à recruter dans sa région ou sa ville, il ouvre ses recherches à tout un pays (et parfois même tout un continent) grâce à des places de marché spécialisées. Seules la compétence et la complémentarité du talent recherché comptent.

Côté employé, le modèle du travail 3.0 ouvre également le marché de l’emploi. L’abolition des frontières régionales permet à chacun de se positionner sur des projets qui lui tiennent à cœur et pour lesquels il peut valoriser ses réelles aptitudes. Sa rémunération est fonction de sa prestation et non plus du seul « emploi traditionnel » qu’il a pu trouver dans sa région. Cette évolution de l’emploi conduit à des employeurs plus sereins et des « employés » plus épanouis et productifs.

Plusieurs places de marché poids lourds américains du Travail 3.0, comme oDesk et Elance, et plus récemment l’Australien Freelancer dont la politique de croissance externe est fulgurante (7 plateformes Internet rachetées en 3 ans), se sont rapidement imposés sur les marchés internationaux. D’autres visent un marché plus petit et ultra-ciblé. C’est le cas par exemple de Thumback.com qui se positionne sur la seule ville de San Francisco.

En France, les acteurs s’adressent ou bien aux freelances en tous genres, comme 123Presta ou Freelance.com, ou bien aux freelances spécialisés comme Codeur.com ou Withdesigners.fr, ou bien encore proposent du jobbing, comme Yokoro ou Youpijob. En début d’année, Compedia a vu le jour. Son positionnement se veut singulier. Tout d’abord, l’entreprise se dédie au Travail 3.0, jusqu’à son propre fonctionnement. Ensuite, elle développe un esprit communautaire – très 3.0 !!! – pour l’unité et l’implication de ses membres notamment dans l’évolution constante de sa plateforme Web. Enfin, Compedia adresse le marché de l’emploi à la demande dans sa globalité, c’est-à-dire de la très petite entreprise (TPE, boutiques…) à la multinationale – en passant par les auto-entrepreneurs, les freelances, les étudiants, les retraités et tous les prestataires occasionnels. La plateforme est actuellement en phase de pré-lancement et n’autorise que les inscriptions de prestataires professionnels comme occasionnels. L’ouverture aux entreprises est prévue en début d’année.

L’avenir est dans le travail 3.0

Le travail à la demande croît de façon exponentielle. Les évolutions technologiques facilitent cet essor. En 2012, le marché américain a cru de 70 % et a dépassé le milliard de dollars de chiffre d’affaires. En France, les services d’externalisation croissent à un rythme annuel supérieur à 50 % depuis 2006. Selon l’Observatoire Cegos, 82 % des entreprises françaises la pratiquaient en 2012.

Tandis que les récentes évolutions technologiques ont apporté le haut débit, la communication multimédia et la collaboration, de nouveaux outils particulièrement adaptés au travail à la demande – les outils des plateformes dédiées, des nouveaux systèmes de facturation et de paiement en ligne, le Cloud, etc. – arrivent et vont permettre d’accélérer son adoption jusqu’à peut-être convertir les plus réticents.

Une fois que le travail 3.0 aura atteint sa masse critique, les mentalités et la technologie auront suffisamment évolué que le recrutement d’un talent au sein d’une équipe virtuelle deviendra aussi naturel que de faire une recherche d’informations sur Google aujourd’hui.

Le marché de l’emploi « traditionnel » ne redeviendra probablement jamais celui qu’il était avant la crise économique. Par contre, il est tout aussi évident que, dans les prochaines années, le marché et l’économie seront au moins aussi florissants grâce au travail à la demande et au travail 3.0.

Le Travail 3.0 ne fait que commencer !

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  • A propose de l’auteur

    Stephane Delaporte
    Créativiste* hyperactif, passionné et connecté, théoricien et auteur du Monde 3.0, évangéliste des nouvelles technologies, protecteur de l'environnement, adepte de l'autosuffisance énergétique et alimentaire, croyant en la génération Y, grand fan de TED, ... mais agnostique dans l'âme.

    * : Personne dont toute l'énergie est tendue vers l'unique but de créer
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